Le premier semestre universitaire s'achève. C'est l'occasion de faire le bilan de mon entrée dans la carrière de prof!

Mon poste de CRD (tiens, je pourrais peut-être faire un post là-dessus) comprend 96h annuelles d'enseignement, contre 64 seulement pour un contrat doctoral. Au menu de ce premier semestre, j'avais 4h30 hebdomadaire, réparties sur 3 cours. Un groupe de L1, lettres classiques et lettres modernes avancés en grammaire et thème latin, de 15 élèves, 1h/semaine. Un groupe mélangé de L2/L3, lettres modernes niveau intermédiaire, 30 élèves 2h/semaine. Et un groupe de L3 lettres modernes niveau "débutant", 23 élèves 1h30/semaine. Voilà pour les faits.

Le bilan à en tirer maintenant...

Déjà, première chose, une certitude absolue : que je suis heureuse d'enseigner devant des élèves qui me respectent! Quand je vois sur FB les statuts de mes anciens camarades de promo, agrégés de lettres classiques comme moi, actuellement en poste dans des zones difficiles, je me dis que, dieu merci, j'échappe pour l'instant à certaines des situations qu'ils décrivent! Mes élèves ne sont peut-être pas tous des génies du latin, mais au moins, le respect est une chose acquise, et mes cours se déroulent tranquillement sans que je n'aie à faire la police. Pouvoir faire cours sans avoir à se soucier de d'abord faire respecter son autorité est un luxe non négligeable!

Une deuxième certitude absolue : un semestre de 12 semaines, mais c'est n'importe quoi! Déjà, le concept d'un semestre, c'est que ça fait une demi-année, si je ne m'abuse. Soit 6 mois pour les gens normalement constitués. Et même si l'on résonne sur les 10 mois d'une année "scolaire", ça en fait encore 5. Allez, enlevons encore 1 mois de vacances, soit 4 mois. A raison de 4 semaines par moi, ça fait 16 semaines. Ce qui ne serait pas du luxe! Bon, je ne vais pas me plaindre d'avoir déjà fait la moitié de mon année. Mais que ça passe vite! A peine le temps de prendre le rythme que c'est fini. Et quand on doit mettre du contrôle continu là dedans, les heures de "cours" à proprement parler se réduisent comme peau de chagrin.

Et sinon, l'enseignement dans tout ça? Honnêtement? Je me suis plutôt amusée, passée l'appréhension. Le meilleur moment était celui du cours de grammaire/thème : un public choisi, en partie de lettres classiques, vraiment motivé pour le latin, qui n'a pas peur de participer. Et puis la grammaire je trouve ça "facile" à enseigner. C'est méthodique, rigoureux, ça plait à mon esprit scientifique! Et pour débuter, ça me convient bien. Avec les L3 "débutants" c'était une autre affaire. En fait de débutant, c'est quand même au moins leur 3ème année de latin mais ils se traînent d'année en année comme au bagne. Du coup, il faut se battre pour obtenir du répondant  - même s'ils sont gentils, hein - et le niveau n'est pas transcendant. Ajoutez à ça l'horaire du cours : vendredi 12h30-14h... cocktail parfait pour des élèves démotivés et une prof un peu pareil! Et enfin, le dernier cours, celui des intermédiaires. C'est celui qui m'a donné le plus de fil à retordre en terme de préparation. Autant pour les débutants j'avais un fascicule commun aux groupes de TD à suivre, autant là j'étais "libre". La liberté c'est bien, mais ça fait un peu peur, surtout quand on ne connait pas vraiment le niveau de ses élèves et qu'en plus on a des L2 et des L3 mélangés. Je ne sais pas trop si je m'y suis bien prise, s'ils ont ou non appris quelque chose... Je pense qu'au second semestre je vais peut-être ajouter quelques questions de grammaire dans mes devoirs, de façon à les forcer à travailler avec un peu plus de rigueur.

 

De mon côté donc, un bilan plutôt positif. Mais puis-je en dire autant pour mes élèves? Le problème est que je n'en ai aucune idée... Le seul cours que je conserve au second semestre est celui d'intermédiaire : on verra bien s'ils se sont tous enfuis, mais pour l'instant je n'en ai qu'un qui m'a fait part de son désir de repasser en débutant.

En tout cas moi je me suis plutôt sentie contente d'être là. J'ai bien aimé cette impression de "jouer à la maîtresse" en vrai! Ce ne va peut-être pas toujours durer comme ça, mais étant donné mes incertitudes et mon appréhension quant à un potentiel avenir comme professeur, cette plongée dans le grand bain m'a rassurée et me donne envie de continuer!